Burkina – Culture maraichère à Doulou

Ce 1er projet au Burkina pour le bénéfice des veuves et orphelins de l’AVO, a démarré en novembre 2013 pour mettre en place des cultures maraichères sur 1 ha de terrain au village de Doulou, près de Koudougou. Les équipes burkinabè nous communiquent régulièrement les avancements de cette aventure humaine, novatrice et génératrice de revenus. Novembre 2014, nous avons été sur place.

SURPRISE ! Arrivée à Koudougou, la première visite a été de se rendre sur le terrain de maraichage pour admirer le travail accompli 12 mois après le lancement de ce projet. Esther Yaméogo , Présidente de l’AVO et Baggio, coordinateur de Frères de Sens pointaient leur nez derrière le portail flambant neuf avec malice !

Esther et Baggio derrière portailC

C’est Issa le maître jardinier qui nous a invités à entrer. Homme clé sur le terrain, il encadre les productrices, et assure le  gardiennage 24 h/24 pour empêcher toute intrusion nocturne. Il pilote le système d’irrigation en programmant les temps de remplissage des cuves de 10 000 litres et de 4000 litres d’eau alimenté par le puits. Seul salarié sur ce projet. Il consacre sa journée au désherbage, s’occupe de la pépinière en veillant à ce que les repiquages sur les parcelles se fassent au meilleur moment, souvent avec l’aide des productrices. Il vérifie le système d’irrigation en s’assurant qu’il ne soit bouché à aucun endroit afin que l’eau soit uniformément répartie. La nuit tombée, le soir ou très tôt le matin, il s’occupe de l’arrosage manuel de la pépinière et du repiquage avant le déclenchement du système d’irrigation.

Issa nous ouvre la porte d'accèsC

Séquence émotion : Alors que nous attendions à rencontrer 10 cultivatrices, ce sont les 90 femmes du village qui nous attendaient devant le terrain de maraichage. Elles nous ont souhaité une bonne arrivée et remercié Frères de Sens et l’AVO d’avoir résolu leur problème d’eau avec l’installation d’un robinet pour le village . Regroupées dans le petit bâtiment de stockage, elles ont chanté, applaudi, dansé en notre honneur. « Chaque matin au chant du coq nous aurons une belle pensée pour vous !».

90 femmes du villag de DoulouC

Enfin un nom sur le visage des cultivatrices

Elles sont 10 femmes du village à cultiver le terrain de maraichage. En échange de leur travail une surface leur a été attribuée, réservés à leurs familles… nombreuses. Marguerite, Juliennes, Mamata, Catherine, Christine, Myriam, Angèle, Marianne, Céline et Hélène ont de 5 à 9 enfants. Elles y cultivent leurs propres légumes pour leur consommation et surtout pour acheter des vêtements à leurs enfants et des médicaments.

cultivatrice-MartineCCes femmes ont été désignées par le chef du village qui décide de leur affectation et du nombre de jours travaillés sur le terrain de maraichage essentiellement désherbage des parcelles cultivées (2 fois/semaine) et tous les jours pendant les récoltes. Elles s’étaleront de février à avril pour cette saison sèche.

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Octobre 2014 – DUR LABEUR QUE LE MONTAGE ET RACCORDEMENT DES 2 RÉSERVOIRS

En images, l’installation du réservoir de 10 000 litres d’eau et son raccordement au réservoir initial de 3000 litres. Maintenant que la saison sèche est installée, les tuyaux d’irrigation sont réparés, et installés sur les 2 000 m2 de terrain supplémentaire qui ont été préparés pour accueillir les différentes variétés de légumes après leur démarrage dans la pépinière.

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DES INVESTISSEMENTS AU BÉNÉFICE DE L’EXPLOITATION

Les doléances exprimées auprès de Frères de Sens on reçu un écho favorable au-delà de nos attentes. Après l’accord du financement révisé, nous avons pu acheter un poly tank d’une capacité de 10 000 litres au lieu de 15 000 litres (5 000 euros.), 4 plaques solaires pour accroitre la puissance de pompage d’eau et 2 Batteries 12V 100AH blindée Cobela pour augmenter la puissance d’accumulation de l’énergie. La satisfaction de nos besoins estimés permettra à contribuera à la pérennisation du projet, notamment pendant la saison sèche qui arrive.

Livraison et installations en images

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Septembre 2014 – UNE SAISON DES PLUIES TRÈS ACTIVE

De juin à août nous avons désinstallé la tuyauterie du système goutte-à-goutte afin de préparer le terrain pour la culture de saison , aménagé  2000m² supplémentaires  et planté  4 variétés (Aubergines locales, piments, poivrons et tomates)

récoltes septembre

Nous avions prévu le semis de maïs et de sorgho, mais les villageoises ayants des obligations de travaux champêtre familiaux n’ont pas pus se rendre disponible. Cette question est en réflexion pour la saison pluviale prochaine. Nous envisageons de mobiliser la communauté pour l’amener à aménager des périodes mensuelles où elle pourront dégager des journées de travail collectif sur le site. Avec l’appui des responsables coutumiers et du Maire, nous savons que nous y arriverons car cette organisation  permettrait de dégager des revenus supplémentaires.

L’ensemble de ces 5 principales activités a permis de faire une assez bonne récolte compte tenu que le mois d’août n’a pas vraiment été ce qu’on attendait en termes de pluviométrie. A la saison de pluie prochaine nous trouverons les moyens de conserver les tuyaux en place pour un apport complémentaire en eau.

tuyeaux avant recouvrement terre

La récolte a été gérée ainsi :  les agricultrices de village et l’encadreur Issa ont bénéficié de 40% des produits, et AVO pour le soutien alimentaire aux orphelins, de 60%.

issaIssa, maitre jardinier qui encadre les villageoises

Un stock de légumes plus conservable permet de contribuer à la cuisine. La partie vendue a rapporté une somme de 175 250f (267 euros). Cette somme sert à l’achat de produits tel que le riz, l’huile, la pâte de tomate, le sel etc.), mais aussi des semis et de’ la fumure pour la culture de contre saison.

produits achetés pour le repas communautaire des orphelins

 Pour cette première année d’exploitation nous avons appris bien de choses. Leçons apprises qui serviront pour tous ceux que notre expérience inspireront. Toutefois les résultats comparées des 2 activités de semis récolte/vente, donne des raisons à l’optimisme. En effet force est de constater l’évolution substantielle des revenus qui concourront à l’autonomie.

Août 2014 – QUELQUES RETARDS -TOUT NE SE PASSE PAS COMME PRÉVU

Après 7 mois d’activité, les équipes Burkinabè s’adaptent à la réalité du terrain et apprennent de leurs expériences.

L’implantation effective se fait sur 4000m² avec des plantations de choux, de tomates, de piments et d’oignons. La récolte  des tomates et des choux au bout de 4 mois n’a pas répondu à nos attentes car, trop pressés, nous avons planté trop tôt.  Nous tirons la leçon de cette première expérience et nous préparerons mieux le terrain pour la prochaine saison.

C’est la saison des pluies. L’exploitation continue avec l’ensemencement de 5 variétés de cultures pluviales : maïs, tomates, poivrons, patates douces,et piments. La  cueillette des oignons est terminée et nous avons décidé de les stocker avant de les vendre car l’utilisation de la fumure organique permet leur bonne conservation . A partir du mois d’août, la rareté des oignons sur les marchés provoque une hausse substantielle des prix. On peut raisonnablement estimer que la vente prévue à cette époque permettra de meileurs revenus .

ÉTAPE ACTUELLE SUR LE SITE

Pour cette saison pluviale, nous n’utilisons pas le système d’arrosage et avons remisé les petits tuyaux d’arrosage du système goutte-à-goutte afin de les préserver de la boue des pluies.

bukina-chateaucouché

LES 6 PREMIERS MOIS ONT FAIT APPARAITRE DES CONSTATS INSTRUCTIFS

Le système de plaques solaires qui permet le pompage d’eau vers les réservoirs d’alimentation des tuyaux d’arrosage goutte-à-goutte n’est pas suffisamment puissant. En effet il a été constaté, pendant la saison sèche, que le grand réservoir de 3 000 m³ qui sert de « château d’eau » n’a pas la capacité suffisante pour alimenter les plants et en même temps permettre aux femmes du village de s’approvisionner en eau. Il en résulte une pénurie qui met en conflit le site et les usagers du forage «  nos études de faisabilité n’étaient basées que sur les besoins en eau d’arrosage du terrain cultivé et ne tenaient pas compte des besoins en eau des villageois ».

Par conséquent, pour étendre la surface de maraichage sur les 6000m² restant,  tout en augmentant la capacité de pompage et donc la disponibilité de l’eau, la solution passe par un équipement supplémentaire que nous n’avions pas prévu : l’acquisition d’un poly tank d’une capacité d’au moins 10 000m3, de 4 plaques solaires pour accroître la puissance de pompage et  de 2 Batteries 12V 100AH blindée Cobela pour augmenter la puissance d’accumulation de l’énergie.


Mai 2014 –  LE PROJET DE MARAICHAGE EST EN PHASE D’EXPLOITATION 

Esther Yaméogo, Présidente de l'AVO

Esther Yaméogo, Présidente de l’AVO

Esther, nous raconte :

« Comme nous le craignions, le semis tardif des plans a occasionné une mauvaise pousse des plants de choux. Le choix a été fait de les déterrer pour ensemencer du piment sur 14 planches de 50 pieds soit 700 pieds. Le chou déterré, impropre à la consommation, a été vendu à des éleveurs de lapins pour une somme de 11 750 FCFA (environ 18 euros). L’exploitation est maintenant effective avec le début de la production. En effet, la récolte a commencé avec une petite quantité de tomates mise en vente et qui a rapporté la somme de 20 500 FCFA (environ 32 euros). Récolte et vente de tomates se poursuivent complétées, par celles d’oignons et de laitues. Le produit de ces ventes a servi à l’achat des semis du piment planté et une partie des tomates a été utilisée pour le repas hebdomadaire de nos orphelins. Nous voici donc en phase d’exploitation qui doit à terme se concrétiser par la production d’au moins 4 tonnes de légumes et céréales par an. C’est notre objectif ! »

Souleymane Dicko, chef de projet

Souleymane Dicko, chef de projet

Souleymane,  nous précise :

« La construction du magasin de stockage est terminée, et il est utilisé pour l’entreposage des oignons et les futures récoltes. Le suivi sur le terrain est régulier et maintenant que les récoltes ont commencé, nous nous organisons pour acheminer nos surplus de production vers les marchés de Koudougou pour accroitre nos futures ventes. Au Burkina, la saison des pluies a commencé et nous ne déclencherons le système d’irrigation qu’en appoint si nous subissions un déficit de pluviométrie. L’exploitation continue de plus belle et après la récolte, d’autres variétés de culture adaptées aux pluies seront plantées. »

Baggio Yameogo, coordinateur Frères de Sens

Baggio Yameogo, coordinateur Frères de Sens

Baggio de retour du terrain est enthousiaste :

« Les choses se déroulent bien comme prévu. Le piment est au stade d’épiaison et le jardin, vu de loin, présente une bonne mine avec les tomates qui mûrissent de partout. Merci à toute l’équipe pour le travail abattu car l’avenir des veuves et des orphelins en dépendra. Merci à Frères de Sens pour sa confiance car ce projet bienfaiteur contribuera à améliorer les repas pris tous les jeudis à l’AVO. Thomas Sankara disait : « L’esclave qui ne peut pas assurer sa propre révolte, ne mérite pas qu’on s’apitoie sur son sort » pour dire tout simplement que nous devons lutter pour que l’aide reçue soit pérenne pour les générations futures. »

En images:

 


Janvier 2014 – Démarrage de la culture maraichère à Koudougou 

Débuté en novembre 2013 à Doulou, ce projet d’aménagement d’un terrain de 1 ha prévoit d’y monter une activité de maraichage génératrice de revenus qui améliorera les conditions de vie (alimentation et soins) des 150 orphelins suivis et soutenus par l’AVO. Esther Yameogo, sa fondatrice et Présidente et Souleymane Dicko, chargé de la gestion et du suivi de ce programme nous informent régulièrement.

Etape clé : s’assurer d’une irrigation régulière

Souleymane, concepteur du projet nous explique : « Pour une production maraichère intensive, le tirage manuel de l’eau, à 54mètres de profondeur, n’est pas rationnel. Nous avons choisi pour nos futures cultures d’installer un système goutte à goutte encore appelé micro-irrigation. Il distribue la juste quantité d’eau aux plantations. Afin d’automatiser l’irrigation du terrain nous avons installé des capteurs solaires puis raccordé une pompe électrique au puits pour alimenter des réservoirs. L’eau du forage est dirigée vers le château d’eau, puis aux réservoirs d’arrosage pour finir aux robinets le long des rangées. A fin janvier, ce programme de production par irrigation goutte à goutte est mis en place ; 2 mois de travail auront été nécessaires pour cette réalisation dont nous sommes fiers ».

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Baggio, notre relais à Koudougou témoigne : « Le personnel déployé sur le site se donne à cœur joie pour que ce projet qui était autrefois souhaité soit un succès total pour le bonheur des orphelins et des veuves. Le périmètre mis en valeur enregistre déjà des résultats probants car les pieds de tomates sont en phase de floraison et voir même porteurs de fruits ».

 Mariam et Christine, cultivatrices s’expriment sur leur vécu

Ces femmes du village de Doulou sont membres du groupement de 10 femmes et travaillent chaque jour sur le périmètre maraicher qui leur a été affecté. Au mois de janvier elles ont suivi une formation pratique directement sur le site pour la préparation du terrain, la fumure et l’ensemencement. Puis elles se sont familiarisées avec les techniques d’irrigation mécanisées. Elles exploitent le site toutes ensembles Cela permet d’observer leur motivation et ardeur au travail avant de leur allouer à chacune 8 planches individuellement.

Mariam Yameogo: « Nous sommes très émues de l’arrivée de ce grand projet dans notre village qui améliorera notre quotidien. Les années précédentes, nous travaillions une saison seulement ; aujourdh’ui, avec l’arrosage mécanisé, nous aurons des légumes tout au long de l’année. En plus, les pénuries d’eau ont cessé et nous avons de l’eau potable dans nos concessions. L’eau potable que nous utilisons n’est que du vrai bonheur car elle va booster hors des frontières de Doulou les maladies liées à l’eau non potable.. Bien avant nous passions toute la journée à arroser, voilà qu’aujourd’hui il suffit d’appuyer sur un bouton et le travail se fait tout seul. Nous enregistrons d’ores et déjà des résultats spectaculaires. Nous gagnons en temps et en gestes avec de bons rendements. Merci à l’AVO et à son partenaire Frères de Sens qui ont mis tout en œuvre pour que ce projet voit le jour. Il n’est donc pas question que nous ne réussissions pas car notre avenir et celui de nos enfants en dépendent. »

Christine Bouda: « Nous tenons tout d’abord à saluer AVO et son partenaire Frères de Sens pour cette idée noble. Ce projet est venu à point nommé car il va beaucoup contribuer à améliorer notre quotidien.Nous passions des journées entières à arroser de petites superficies, mais depuis l’installation du goutte à goutte, nous ne passons que la matinée à désherber puis nous vaquons à d’autres occupations. Les tuyaux installés ça et là permettent d’arroser toute la superficie du jardin que nous avons préparée. Nous en feront bon usage pour le améliorer le quotidien des orphelins et des veuves. Merci à tous!»  

 

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